L’interprétation des testaments : rechercher la volonté réelle du testateur

Publié le : 10/02/2026 10 février févr. 02 2026

La rédaction d’un testament constitue l’expression ultime de la volonté d’une personne concernant la transmission de son patrimoine. Toutefois, la liberté testamentaire, principe fondamental du droit des successions, peut se heurter à des ambiguïtés, des imprécisions ou des contradictions dans l’écrit laissé par le défunt. Dans ces situations, l’interprétation judiciaire devient un outil indispensable afin de garantir que la volonté du testateur soit effectivement respectée et correctement mise en œuvre.
 

Pourquoi interpréter un testament ?


Le testament est un acte juridique unilatéral par lequel une personne organise la dévolution de ses biens pour le jour de son décès.

Lorsqu’il est rédigé de manière claire et conforme aux exigences légales, son exécution ne soulève aucune difficulté particulière.

En revanche, lorsque certaines dispositions sont formulées de façon équivoque, lorsque le testament comporte des clauses contradictoires ou encore lorsqu’il ne permet pas d’identifier clairement les bénéficiaires ou la portée des libéralités consenties, son application directe devient délicate. Dans ce contexte, l’interprétation s’impose afin de déterminer ce que le testateur a réellement voulu exprimer et éviter que ses dernières volontés ne soient dénaturées ou privées d’effet.
 

La recherche prioritaire de la volonté du testateur


Le principe directeur en matière d’interprétation des testaments réside dans la recherche de la volonté réelle du testateur. Le juge ne doit pas se limiter à une lecture strictement littérale de l’acte lorsque celle-ci conduit à une impasse ou à une incohérence manifeste.

Il lui appartient d’identifier l’intention profonde de l’auteur du testament. Cette recherche peut s’appuyer sur le contenu même de l’acte, mais également sur des éléments extrinsèques tels que les circonstances de sa rédaction, les relations personnelles et familiales du testateur ou encore d’autres écrits permettant d’éclairer son intention.
 

Les limites de l’interprétation judiciaire


L’interprétation du testament connaît toutefois des limites strictes. Le juge ne saurait créer une volonté qui n’existe pas ou substituer son appréciation personnelle à celle du testateur.

Il lui est interdit de modifier substantiellement les dispositions testamentaires ou d’en inventer de nouvelles sous couvert d’interprétation.

Toute décision qui aboutirait à dénaturer l’acte porterait atteinte au principe de la liberté testamentaire.

On constate ainsi un équilibre délicat entre la recherche de la volonté du testateur et le respect de l’intégrité des dispositions testamentaires.
 

Conclusion pratique


Afin de limiter les risques de contentieux liés à l’interprétation des testaments, une attention particulière doit être portée à leur rédaction.

La clarté des termes employés constitue la première garantie de sécurité juridique. Le respect rigoureux des exigences formelles est également essentiel (écrit, daté et signé de la main du testateur).

En cas de contentieux relatif à l’interprétation d’un testament, l’avocat est compétent pour assister les parties et porter l’affaire devant les juridictions compétentes.
 

Historique

<< < 1 2 3 > >>
Navigateur non pris en charge

Le navigateur Internet Explorer que vous utilisez actuellement ne permet pas d'afficher ce site web correctement.

Nous vous conseillons de télécharger et d'utiliser un navigateur plus récent et sûr tel que Google Chrome, Microsoft Edge, Mozilla Firefox, ou Safari (pour Mac) par exemple.
OK