Vices cachés sur un véhicule : faut-il privilégier l'expertise privée ou l'expertise judiciaire
Publié le :
18/02/2026
18
février
févr.
02
2026
L’achat d’un véhicule, neuf ou d’occasion, peut parfois réserver de mauvaises surprises lorsque des défauts graves apparaissent après la vente.
Ces vices cachés, non apparents au moment de l’acquisition, peuvent rendre le véhicule impropre à l’usage ou en diminuer fortement la valeur. Face à cette situation, l’acheteur dispose de recours ; encore faut-il être en mesure de prouver l’existence du vice et son antériorité à la vente.
Se pose alors une question déterminante : faut-il privilégier une expertise privée, rapide et souple, ou recourir à une expertise judiciaire, plus lourde, mais dotée d’une force probante supérieure ?
Expertise privée et judiciaire : quelle est leur valeur juridique ?
Les mécanismes d’expertise privée sont largement répandus et, dès lors qu’un véhicule est affecté d’un prétendu vice caché, l’assurance diligentera un expert afin qu’il examine le véhicule et que l’assurance puisse faire une offre d’indemnisation.
Néanmoins, l’expertise privée souffre d’une valeur probante nettement moins forte que l’expertise judiciaire et pour cause : cette dernière est diligentée par un expert assermenté qui devra respecter les principes directeurs de la procédure civile, et notamment le principe du contradictoire.
Les juridictions accordaient donc moins de force aux expertises privées, ces dernières n’étant pas réputées respecter pleinement le principe du contradictoire (Cass. ch. mixte, 28 sept. 2012, n° 11-18.710).
Toutefois, ce principe a été récemment atténué par la jurisprudence, qui considère qu’un jugement peut se fonder sur un rapport d’expertise privée lorsqu’un fait établi n’est pas discuté par les parties (Cass. civ. 1re, 15 oct. 2025, n° 24-15.281).
Également, les juges peuvent se fonder sur deux rapports d’expertise privée qui se corroborent pour fonder leur décision (Cass. 3e civ., 16 janvier 2025, n° 23-15.877).
En résumé, l’expertise judiciaire s’impose comme l’un des modes de preuve les plus efficaces, mais l’expertise privée peut toutefois être utile, y compris en cas de litige, dans certaines conditions.
Ces deux types d’expertises sont complémentaires. En effet, réaliser une expertise privée en sus d’une expertise judiciaire peut permettre de confirmer un point discuté et également venir appuyer certains éléments sur lesquels l’expert judiciaire aurait été imprécis.
Ainsi, pour la reconnaissance d’un vice caché, il sera essentiel pour l’acquéreur du véhicule vicié de procéder à ces deux types d’expertises afin de bénéficier d’une force probatoire accrue.
Comment solliciter une expertise privée ou judiciaire ?
Souvent, l’expertise privée est diligentée par l’assureur, mais il est possible que l’acheteur d’un véhicule vicié fasse appel à son propre expert privé.
Concernant l’expertise judiciaire, elle doit nécessairement être sollicitée judiciairement. L’expertise judiciaire pourra être demandée dans le cadre d’un référé-expertise.
Concrètement, l’acquéreur sollicitera du juge la désignation d’un expert avec pour objectif d’expertiser le bien et de détecter un éventuel vice caché. Généralement, cette demande est acceptée sans difficulté majeure.
En cas de litige lié à votre véhicule, le cabinet Férès met à votre service son expertise du contentieux en droit de l’automobile et vous accompagne dans vos démarches tant amiables que judiciaires.
CABINET YVES FERES
Historique
-
PROTECTION SOCIALE – Retraite supplémentaire : un régime à droits aléatoires peut être dénoncé
Publié le : 18/02/2026 18 février févr. 02 2026Veille JuridiqueLa Cour de cassation confirme dans un arrêt du 11 février 2025 qu’un régime de retraite supplémentaire à prestations définies et non garanties, institué par décision unilatérale, constitue un engagement à durée indéterminée pouvant être régulièrement dénoncé...
-
SOCIÉTÉS – SARL : les parts sociales ne peuvent faire l’objet d’un don manuel
Publié le : 18/02/2026 18 février févr. 02 2026Veille JuridiqueLa Cour de cassation se prononce sur la validité d’une donation de parts sociales de SARL consentie par acte sous seing privé et sur la qualité d’associé qui en découlerait...
-
CDJ – Prescription et minorité : le délai court intégralement à compter de la majorité
Publié le : 18/02/2026 18 février févr. 02 2026Veille JuridiqueSaisie d’un pourvoi dirigé contre un arrêt ayant jugé non prescrite une action en recouvrement fondée sur un jugement du 25 juin 2010, la Cour de cassation précise les effets de la minorité sur le cours de la prescription...
-
Vices cachés sur un véhicule : faut-il privilégier l'expertise privée ou l'expertise judiciaire
Publié le : 18/02/2026 18 février févr. 02 2026Fiches pratiquesFiches pratiques / ConsommationL’achat d’un véhicule, neuf ou d’occasion, peut parfois réserver de mauvaises surprises lorsque des défauts graves apparaissent après la vente....


