Séparation : peut-on changer les serrures lorsque son conjoint quitte le domicile ?

Publié le : 11/08/2026 11 août août 08 2026

Lors d’une séparation, il est fréquent que l’un des conjoints quitte le domicile familial avant même qu’une décision judiciaire ne soit intervenue. Celui qui reste dans le logement peut alors être tenté de changer les serrures pour empêcher tout retour, mais le départ du conjoint ne signifie pas nécessairement qu’il perd son droit d’accéder au domicile.

Les règles diffèrent selon que le couple est marié, pacsé ou en concubinage et selon les droits de chacun sur le logement.

 

Époux mariés : peut-on changer les serrures après le départ de son conjoint ?


Le mariage impose aux époux une communauté de vie et le logement familial bénéficie d’une protection particulière.

En conséquence, le simple fait qu’un époux ait quitté le domicile conjugal ne permet pas automatiquement à l’autre de lui en interdire l’accès. Même lorsque le départ semble définitif, changer unilatéralement les serrures peut devenir une source de difficultés dans le cadre d’un divorce ultérieur.

La prudence est d’autant plus importante que la situation du domicile conjugal ne dépend pas exclusivement du titre de propriété. Le fait qu’un seul époux soit propriétaire du bien ne signifie donc pas nécessairement qu’il peut immédiatement évincer l’autre.

En cas de départ, il peut être utile d’en conserver la preuve : échanges écrits, témoignages ou, selon les circonstances, constat établi par un commissaire de justice.

 

Divorce : quand peut-on interdire l’accès au logement ?


Lorsqu’une procédure de divorce est engagée, le juge aux affaires familiales peut attribuer provisoirement la jouissance du logement familial à l’un des époux.

Cette décision permet de déterminer lequel des époux est autorisé à demeurer dans le logement pendant la procédure et dans quelles conditions.

Lorsque la jouissance exclusive du domicile a été attribuée à un époux et que l’autre doit quitter les lieux, le changement des serrures peut alors être envisagé.

Après le divorce, il convient de se reporter au jugement et aux droits de chacun sur le bien. La situation peut notamment être plus complexe lorsque les anciens époux restent propriétaires ensemble du logement.

 

Une situation particulière en cas de violences conjugales


En présence de violences conjugales, la priorité est la protection de la victime et, le cas échéant, des enfants.

Le juge aux affaires familiales peut notamment prononcer une ordonnance de protection et statuer sur le logement du couple. Il peut attribuer la jouissance du domicile à la victime et organiser l’éviction du conjoint violent.

Il n’est donc pas nécessaire d’attendre qu’un divorce soit prononcé pour solliciter des mesures de protection.

 

PACS et concubinage : qui peut rester dans le logement ?


Pour les partenaires pacsés et les concubins, la réponse dépend notamment du statut d’occupation du logement : propriété, cotitularité du bail ou bail détenu par un seul membre du couple.

En concubinage, par exemple, une personne seule propriétaire ou seule titulaire du bail dispose en principe d’une situation différente de celle d’un couple propriétaire ou locataire ensemble.


Avant tout changement de serrure, il convient donc de déterminer précisément les droits de chacun. Une séparation de fait ne suffit pas toujours à autoriser l’éviction du conjoint : lorsque la situation est conflictuelle, l’intervention du juge et l’accompagnement d’un avocat permettent de sécuriser juridiquement le départ et l’occupation du domicile.

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