Mettre en location sa résidence secondaire : quelles démarches ?

Publié le : 08/07/2026 08 juillet juil. 07 2026

Louer sa résidence secondaire quelques semaines dans l’année peut permettre d’amortir les charges du bien ou de générer un complément de revenus. Mais la location saisonnière, lorsqu’elle est proposée à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile, relève du régime des meublés de tourisme. À ce titre, elle est soumise à des démarches administratives, à des règles locales parfois strictes et à une fiscalité spécifique.
 

Déclarer son bien et vérifier les règles locales


Un meublé de tourisme est un logement meublé, proposé à la location de courte durée, qui doit être équipé pour permettre une occupation normale : mobilier, literie, réfrigérateur et équipements nécessaires à la vie courante. La location ne peut pas excéder 90 jours consécutifs à un même locataire au cours d’une même année civile.

Jusqu’à présent, les obligations déclaratives variaient selon les communes. À compter de 2026, le cadre se renforce : au plus tard le 20 mai 2026, la procédure d’enregistrement préalable deviendra obligatoire sur l’ensemble du territoire national. Tout loueur de meublé de tourisme devra donc enregistrer son activité via un portail unique afin d’obtenir un numéro d’enregistrement, lequel devra figurer dans l’annonce de location.

Cette formalité ne doit pas être confondue avec l’autorisation de changement d’usage. Dans certaines communes, notamment les grandes villes et les zones où le marché immobilier est tendu, transformer un logement d’habitation en location touristique peut nécessiter une autorisation préalable. Les deux démarches peuvent donc se cumuler. Il est indispensable de se renseigner auprès de la mairie du lieu où se situe le bien avant toute mise en location.

Le non-respect des obligations applicables peut entraîner des sanctions financières. Les plateformes numériques sont également tenues de participer au contrôle du respect des règles, notamment en bloquant les annonces qui dépassent les seuils de location autorisés.
 

Copropriété : une vérification préalable indispensable


Lorsque le logement est situé dans une copropriété, le règlement de copropriété doit être consulté avant toute mise en location. Il peut, selon sa rédaction, interdire ou encadrer la location meublée touristique.

Depuis le 21 novembre 2024, tout copropriétaire qui déclare son logement en mairie comme meublé de tourisme doit en informer le syndic. Par ailleurs, les nouveaux règlements de copropriété doivent désormais préciser explicitement si la location de meublés de tourisme est autorisée ou interdite.
 

Choisir le régime fiscal adapté


Les revenus issus de la location meublée touristique sont imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, ou BIC. Le loueur relève, selon sa situation, du statut de loueur en meublé non professionnel, LMNP, ou de loueur en meublé professionnel, LMP.

Le statut de LMP s’applique lorsque les recettes annuelles tirées de la location meublée dépassent 23 000 euros et sont supérieures aux autres revenus d’activité du foyer fiscal. À défaut, le loueur relève en principe du régime LMNP.

Sur le plan fiscal, deux régimes peuvent s’appliquer : le micro-BIC ou le régime réel. Pour les recettes perçues en 2026, déclarées en 2027, le seuil du régime micro-BIC est fixé à 83 600 euros pour les meublés de tourisme classés. Pour les meublés de tourisme non classés, il reste fixé à 15 000 euros.

Le régime micro-BIC permet de bénéficier d’un abattement forfaitaire de 30 % pour les meublés de tourisme non classés et de 50 % pour les meublés de tourisme classés. Au-delà des seuils applicables, ou sur option du loueur, le régime réel permet de déduire les charges effectivement supportées pour le bien : travaux, intérêts d’emprunt, assurances, taxes, frais de gestion ou encore amortissements, sous réserve du respect des règles fiscales applicables.

D’autres obligations peuvent également concerner le propriétaire : déclaration de début d’activité afin d’obtenir un numéro SIRET, cotisation foncière des entreprises, taxe de séjour dans les communes concernées, voire TVA si la location s’apparente à une prestation hôtelière. Lorsque les recettes annuelles dépassent 23 000 euros, le loueur peut également être tenu de s’affilier auprès de l’Urssaf et de payer des cotisations sociales.

Le recours aux conseils du notaire permet d’identifier les contraintes propres au bien, à la commune, à la fiscalité et à la situation patrimoniale du propriétaire, afin de sécuriser la mise en location.

Historique

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