SOCIAL – Harcèlement sexuel : un salarié peut être victime sans être directement visé par les propos
Publié le :
05/06/2026
05
juin
juin
06
2026
Cass, soc du 28 mai 2026, n°24-22.754
Le harcèlement sexuel au travail ne suppose pas nécessairement que le salarié soit directement destinataire des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste. Dès lors qu’il est exposé de manière répétée à de tels agissements, il peut être considéré comme victime d’un environnement de travail humiliant, dégradant ou offensant.
Une salariée employée au sein d’un restaurant a dénoncé les agissements de son supérieur hiérarchique, déjà sanctionné pour des faits de harcèlement sexuel. Si ce dernier avait cessé tout contact direct avec elle après une première intervention de l’employeur, il avait continué à tenir des propos déplacés et à adopter des comportements à connotation sexuelle envers d’autres salariées de l’entreprise.
Après avoir dénoncé ces faits dans un contexte de grève portant notamment sur les conditions de travail et le harcèlement sexuel, la salariée a été licenciée pour faute grave. Elle a alors saisi la juridiction prud’homale afin d’obtenir la nullité de son licenciement et la réparation du préjudice résultant du harcèlement sexuel subi.
La cour d’appel a rejeté ses demandes, estimant que les propos litigieux n’étaient pas adressés à la salariée elle-même mais à ses collègues et qu’aucun élément ne permettait dès lors de présumer un harcèlement sexuel à son encontre.
La Cour de cassation casse cette décision. Elle rappelle que des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste adressés à plusieurs salariés ou adoptés devant plusieurs salariés sont susceptibles d’être subis par chacun d’eux. Elle relève que la salariée était exposée de manière répétée aux agissements de son supérieur hiérarchique et qu’elle évoluait ainsi dans un environnement de travail humiliant et dégradant.
La Haute juridiction affirme ainsi qu’un salarié peut être victime de harcèlement sexuel même lorsqu’il n’est pas directement visé par les propos ou comportements en cause. Cette décision renforce la protection des salariés confrontés à un climat de travail sexiste ou sexuel dégradant et élargit la notion d’environnement hostile au sein de l’entreprise.
Lire la décision …
Historique
-
SANTÉ – Soins palliatifs : une loi pour garantir un accès équitable sur tout le territoire
Publié le : 08/06/2026 08 juin juin 06 2026Veille JuridiqueLa loi du 26 mai 2026 réforme en profondeur le cadre juridique de l’accompagnement et des soins palliatifs afin d’en garantir l’accès effectif sur l’ensemble du territoire national...
-
FISCAL – Biens professionnels et ISF : l’administration fiscale ne peut ajouter une condition d’interposition
Publié le : 08/06/2026 08 juin juin 06 2026Veille JuridiqueEn matière d’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), les biens professionnels sont exonérés d’imposition sous certaines conditions...
-
CONSTRUCTION – Assurance dommages-ouvrage : la responsabilité contractuelle de droit commun écartée
Publié le : 08/06/2026 08 juin juin 06 2026Veille JuridiqueEn matière d’assurance dommages-ouvrage, les obligations de l’assureur et les sanctions attachées à leur méconnaissance sont strictement encadrées par les dispositions d’ordre public de l’article L. 242-1 du Code des assurances...
-
SOCIAL – Harcèlement sexuel : un salarié peut être victime sans être directement visé par les propos
Publié le : 05/06/2026 05 juin juin 06 2026Veille JuridiqueLe harcèlement sexuel au travail ne suppose pas nécessairement que le salarié soit directement destinataire des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste...


