Jusqu’où un dirigeant peut-il utiliser les biens de sa société sans commettre un abus ?
Publié le :
08/04/2026
08
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2026
L’abus de biens sociaux est l’une des infractions les plus emblématiques du droit pénal des affaires. Fréquemment invoqué dans les contentieux impliquant des dirigeants, il vise à sanctionner les atteintes portées à l’intérêt social par une utilisation détournée des ressources de la société.
Une utilisation des biens contraire à l’intérêt social
L’abus de biens sociaux est l’infraction commise par un dirigeant de société qui, de mauvaise foi, utilise les biens, le crédit, les pouvoirs ou les voix de la société à des fins personnelles ou dans l’intérêt d’une autre entité, en contradiction avec l’intérêt social, exposant la société à un risque anormal ou à un appauvrissement injustifié.
Trois éléments doivent être réunis :
- Un usage des biens ou du crédit social ;
- Un usage contraire à l’intérêt social ;
- Une intention frauduleuse, caractérisée par la mauvaise foi du dirigeant.
La notion d’intérêt social est ici appréciée in concreto. Il peut s’agir d’un appauvrissement de la société, mais aussi d’une prise de risque injustifiée ou d’un acte poursuivant un intérêt personnel du dirigeant.
Par exemple, peuvent être qualifiés d’abus : le financement de dépenses personnelles, l’octroi de garanties injustifiées ou encore l’utilisation de fonds sociaux au profit d’une autre structure dans laquelle le dirigeant est intéressé.
Une infraction lourdement sanctionnée
L’abus de biens sociaux se distingue par sa portée élargie et son efficacité répressive. L’auteur des faits encourt une peine portée à 5 ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende (article L.241-3 du Code de commerce pour la SARL et L.242-6 pour les SA), celle-ci pouvant être assortie de peines complémentaires telles que l’interdiction de gérer.
Au-delà de la sanction pénale, ses conséquences sont particulièrement lourdes en pratique : mise en jeu de la responsabilité civile du dirigeant, remise en cause de certaines opérations, atteinte à la crédibilité du dirigeant et de la structure, etc.
Historique
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